
Proposition:
‘ESTUAIRES’
Deux photographes basés à Oxford (UK) présentent une série d’images de l’estuaire de la Tamise faites entre 2023 et 2026 le long du sentier côtier. Leur travail explore les contradictions inhérentes à ces lieux, ainsi que les manières, tant directes que plus diffuses, dont celles-ci se manifestent dans le cadre formel de l’image photographique.
- Entre Purfleet et Grays
- Entre Gravesend et Grain (Hoo Peninsula)
- Southend et Canvey Island
Présentation :
— Des tirages de petit (24 cm x 36 cm) et moyen (30 cm x 45 cm) formats, non encadrés, sont accrochés à l’aide de pinces en fil métallique, fixées avec une bande adhésive en papier japonais blanc, très fine (voir exemple ci-dessous).
— Certains tirages, de plus grand format (approx. 50 x 75 cm), sont montés sur un support rigide.
— Une petite sélection de tirages est présentée sous cadre.
Le choix de la taille des tirages est principalement guidé par l’angle de vue. Dans la galerie ci-dessous, les grands formats sont en bas de page.
Contact et information complémentaire:
brunoguastalla@yahoo.com
+44 7532 187113
Ebauche de texte par Paul Medley, pour accompagner l’exposition:
Le sentier qui borde l’estuaire de la Tamise est un environnement liminal assez étrange — une zone frontière entre fleuve et mer, entre campagne et industrie, et plus que tout entre passé et présent, entre vivant et mis au rebut. Le fleuve, et ses berges se faisant face, offrent deux visages. Le fleuve, dont l’estran remonte jusqu’à Londres même, est, à marée haute, large et puissant : l’eau clapote contre les berges, les bateaux, amarrés à flot, tirés par les courants, et les jetées comme les docks prennent alors un air plausiblement fonctionnel. À marée basse, en revanche, il devient un conduit étroit et distant, flanqué de larges vasières où gisent des vaissaux échoués; des débris de jetées délabrées émergent, et des objets mis au rebut, noircis — de la chaise au caddie de supermarché — sont à moitié avalés par la vase. Des oiseaux de mer, ici bien chez eux, s’y pavanent et se nourrissent de la boue alluviale, là où nos pieds s’enliseraient sans espoir.
Le long des berges, l’estuaire arbore parfois le visage de l’industrie : centrales électriques, sites de stockage d’énergie, portiques, jetées, docks et tapis roulants s’effilant comme des animaux au cou invraisemblablement long, semblant chercher un répit dans la boue. Plus loin, le sentier se perd à travers champs et mène à des réserves naturelles, où l’on entend, au printemps, les courlis cendrés, et où des aigrettes se dressent au bord d’anciennes sablières devenues bassins — jusqu’à ce que surgisse un ancien fort ou blockhaus, armorié de graffitis, se délitant lentement.
Par endroits, le sentier se glisse entre, d’un côté, une digue haute qui masque le fleuve et, de l’autre, un grillage barbelé hostile, couvert de panneaux proférant des menaces à l’encontre de quiconque oserait pénétrer ces sites industriels — au-delà desquels on aperçoit des véhicules stationnés, mais où il semble que rien ne se passe. Partout, les signes d’activité humaine abondent : terrains jonchés de débris industriels, bouteilles et plastiques le long du chemin, graffitis couvrant les surfaces de béton — et pourtant, personne en vue.
Mais la nature se débrouille toujours, elle s’impose, elle empiète : une flaque de fleurs au pied du grillage, un arbre fruitier solitaire, une ronce s’accrochant à la vie, jaillissant d’une fissure dans le béton. Parfois, un chariot élévateur se déplace à l’arrière-plan, ou bien le grondement d’un camion diesel se fait entendre ; un personnage à planchette à pince, vêtu d’orange, peut surgir — parfaitement indifférent à ceux qui, au-delà des barbelés, arpentent cette terre de contradictions.
Plus loin en aval, un porte-conteneurs glisse dans le paysage, tel un fantôme grondant, sourd. Nous demeurons en deçà, là où le fleuve s’est dérobé à notre vue, et poursuivons notre chemin vers le prochain coude, vers l’horizon bas, sous le ciel qui s’étale.

[exemple d’accrochage avec pinces metaliques]

Exemples de nos travaux:





























